A . I . L . E           Association des Internistes et Diabétologues Libéraux  de l 'Est      

 

Médecine des maladies Métaboliques - Mai 2008 - Vol. 2 - N°3

Épidémiologie du diabète 

en Algérie : revue des données, analyse et perspectives

R. MALEK  Service de médecine interne,Centre hospitalo-universitaire, Sétif, Algérie.

Le diabète, et notamment le diabète de type 2 (DT2), touche 5,9 % de la population adulte mondiale. Pour 80 %, les patients habitent des pays émergents [1]. L’Algérie n’est pas épargnée par cette pandémie avec une transition épidémiologique qui interpelle pour un redéploiement des moyens, tourné vers ces nouvelles pathologies, les maladies chroniques non transmissibles. Une bonne approche de la prise en charge du diabète doit passer par une maîtrise de l’évolu-tion des données de prévalence et d’incidence des diabètes de type 1 et 2. Cet article retrace les principales études épidémiologiques, les actions menées et les perspectives envisagées en Algérie.

Correspondance :

Rachid MALEK

Service de médecine Interne Centre hospitalo-universitaire de Sétif Sétif 19000 Algérie E-mail : rmalekdz@gmail.com

© 2008 - Elsevier Masson SAS - Tous droits réservés.

Revue des études épidémiologiques

D’aprèsl’Office Nationaldes Statistiques (ONS), la population Algérienne était estimée à 33,5 millions de personnes au 1er juillet 2006. Le diabète sucré pose de sérieux problèmes de santé publique. La répartition des causes de décès selon une enquête de l’Institut National de Santé Publique (INSP) et selon la classification GBD (Global Burden of Disease), montre que, parmi les dix premières causes de décès, le diabète occupe la 4e place [2].

Données sur le diabète, le DT2 principalement

En 1990, une enquête par interview, réalisée par l’INSP, a porté sur un échantillon représentatif de la population algérienne. Elle montre que le diabète occupe la 4e place dans les maladies non transmissibles, avec une prévalence de 0,54 %. En 1992, une autre enquête, par sondage sur des ménages, réalisée à Alger, portant sur 1 302 ménages, soit 9 384 habitants, retrouve un taux de prévalence des diabétiques connus de 2,1 % [3]. En 1994, une étude menée dans une commune d’Alger, intéressant 985 sujets âgés de plus de 25 ans, en utilisant comme moyen de dépistage l’interrogatoire et une glycémie à jeun > 130 mg/dl, a révélé un taux de prévalence de diabète de 8,7 %, dont 31,4 % étaient méconnus [4].

À la même période, une étude utilisant l’épreuve d’hyperglycémie provoquée par voie orale (HGPO), dans l’Ouest algérien (région d’Oran) sur un échantillon de 641 sujets a trouvé une pré-valence de diabète de 6,8 % pour les sujets âgés de 30 à 64 ans. En utilisant les nouveaux critères diagnostiques de diabète (glycémie plasmatique à jeun ≥ 126 mg/dl), la prévalence passe à 6,6 % [5]. En 1998, en se basant sur l’HGPO (critères de l’Organisation Mondiale de la Santé – OMS, 1985) comme méthode diagnostique, parmi un échantillon de 1 457 sujets de 30 à 64 ans, dans l’Est algérien (Sétif), la prévalence du DT2 était de 8,2 % [IC 95 % : 6,8 %-9,6 %] et celle de l’intolérance au glucose de 7,1 %[IC 95 % : 5,8 %-8,4 %]. La pré-valence, standardisée selon l’âge, est de 9,08 % pour le diabète et de 7,5 % pour l’intolérance au glucose. L’application des nouveaux critères diagnostiques du diabète (glycémie plasmatique à jeun ≥ 126 mg/dl) donne des taux de 8,8 % [IC 95 % : 7,3%-10,2%] pour le DT2 et de 6,9 % [IC 95 % : 5,6 %-8,2 %] pour l’hyperglycémie modérée à jeun. Il n’y a pas de différence entre le milieu urbain (7,3 %) et le milieu rural (9,7 %) [6]. En 2002, chez les Touaregs du Sud algérien, à Adrar, et sur un échantillon de 1 000 sujets, la prévalence était de 1,3 % [7]. En 2003, une enquête (l’approche « Step Wise »), dirigée par la direction de la prévention du ministère de la Santé, en collaboration avec le bureau de liaison de l’OMS en Algérie, fut menée dans deux

 

zones pilotes à l’Est (Sétif) et à l’Ouest (Mostaganem), en utilisant les nouveaux critères diagnostiques de diabète, sur un échantillon total de 4 050 sujets, sondage stratifié à deux degrés. Elle a retrouvé une prévalence globale du diabète chez les 25-64 ans de 8,9 % dont 2,9 % de diabétiques connus et 6,02 % non connus. Par ailleurs,la prévalence urbaine était de 10,8 % et rurale de 7,8 % [8]. Une autre enquête nationale de santé (projet TAHINA 2005), selon un sondage mené dans 126 districts, avec un échantillon de 4 818 sujets âgés de 35 à 70 ans, a montré une prévalence du DT2 de 12,29 % [IC 95 % : 0,73 %-13,73 %] [2], dont 13,81 % en zone urbaine et 9,62 %

Figure 2 : Prévalence du diabète selon les nouveaux critères diagnostique du diabète et par tranche d’âge de 10 ans. Données de l’enquête « Step Wise » de l’OMS [8].

en zone rurale. Dans la région de Tlemcen (Ouest algérien), sur un échantillon de 7 656 individus, la prévalence du DT2 est de 10,5 % et celle du diabète de type 1 (DT1) de 3,7 %, soit un total de 15,3 % en milieu urbain et de 12,9 % en milieu rural [9]. Toutes ces études ne montrent pas de différence selon le sexe, mais une relation croissante avec l’âge [6, 8] (figure 1, figure 2), soit une prévalence de 16,8 % chez les 55-59 ans [6] et de 17,1 % chez les 55-64 ans [8]. La plupart de ces études se sont intéressées à la répartition urbaine et rurale des cas de diabète. Cette répartition s’avère statistiquement identique [6], mais variable selon les régions étudiées [8]. Elle est un peu plus élevée en milieu urbain [10]. Il est délicat de tirer des conclusions quant à l’influence du milieu urbain ou rural. En effet, cette distinction entre les deux milieux a été établie surla seule base d’un partage administratif. De plus, en pratique, les habitudes, en particulier alimentaires, des deux milieux se rapprochent constamment, ainsi que le mode de vie (sédentarisation). Il serait utile de rapporter les résultats de prévalence à un paramètre déterminant commel’obésité abdominale, en particulier le tour de taille. Ce qui ressort également c’est le taux de diabétiques méconnus qui dépassent, au moins dans trois études [1, 4, 6, 8] les 50 %, et qui devrait nous interpeller sur les moyens qui doivent être mis en œuvre pour leur diagnostic, notamment le dépistage du diabète chez les sujets à risque. À l’exception de la population Touareg [7], chez qui la prévalence du diabète est basse -et ceci est expliqué en partie par les conditions de vie particulières de cette population nomade : activité physique régulière et absence de facteurs de risque tel que l’obésité, ce dont témoigne la moyenne de l’indice de masse corporelle (IMC) de 23,6 ± 0,16 kg/m² -l’analyse de toutes les autres études (tableau I) relève une différence dans la prévalence avec une fourchette allant de 6 % à 12 %. Ceci est dû aux différences méthodologiques (échantillonnage, critères diagnostiques utilisés, validité, publication). Seules deux études se sont basées surles critères diagnostiques de l’OMS (HGPO) avant 1999 [5, 6]. Certaines études, les plus récentes ont utilisé les nouveaux critères diagnostiques (glycémie plasmatique à jeun ≥ 1,26 g/l) [2, 5-9]. Enfin, très peu d’études se sontintéressées àla prévalence del’in-tolérance au glucose[2, 5, 6]. Néanmoins, toutes ces études ont le mérite de nous donner au moins des estimations sur les principales régions du pays (Est, Ouest, Centre et Sud). Grâce aux projections faites par la Fédération Internationale du Diabète (International Diabetes Federation – IDF) dans sa 3e édition de « Diabetes Atlas » (2006) [1] et sur la base des résultats publiés[6], une estimation surla population algérienne âgée de 20 à 75 ans, estimée à 20 346 000 individus en 2007, donne une prévalence du diabète de 7,3 % sur le plan national, passant à 8,4 % après standardisation àla population mondiale. Pour l’intolérance au glucose, les chiffres respectifs sur le plan national et après standardisation sont de 7,5 % et 8,7 %

Figure 1 : Prévalence du diabète et de l'intolérance au glucose selon l'hyperglycémie pro-[1]. En se basant sur cette prévalence du voquée par voie orale (HPGO), par tranche d'âge de 5ans et selon le sexe [6] diabète, et en appliquant les chiffres de

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Tableau I : Résumé des principales études de prévalence et d’incidence du diabète et de l’intolérance au glucose en Algérie (1992-2007).

DT2 : diabète de type 2 ; DT1 : diabète de type 1 ; ITG :

l’Office national des Statistiques (ONS) dans cette tranche d’âge des 20-79 ans, soit 14 816 828 personnes, le nombre de diabétiques en Algérie serait d’environ un million (1 081 628).

Incidence du diabète de type 1

Les données de l’incidence du DT1 chez les enfants de moins de 15 ans sont celles rapportées par les Registres du diabète de Constantine (Z. Bouderda) et d’Oran

(K. Bessaoud, Boudraa). Elles situent l’Algérie parmi les pays à moyenne incidence. L’incidence moyenne du registre de Constantine était de 11,91/100 000 de 1990 à 2004. On remarque une progression régulière del’incidence depuis 1997, avec des incidences (pour 100 000) de 8,05 (1985-1988), de 8,38 (1989-1993), de 11,33 (1994-1998) et de 13,69 (19992002). La progression dans le registre

intolérance au glucose ; HPGO : hyperglycémie provoquée par voie orale ; GàJ : glycémie plasmatique à jeun.

de Constantine est estimée à 12,5 % entre 1997 et 2002. L’incidence Oranaise moyenne est passée à 9,1/100 000 sur la période 1996 à 2005, à rapporter aux chiffres du projet DIAMOND (1979-1988) de 4,4/100 000 [1]. Selon l’IDF, l’inci-dence pour 100 000 chez les enfants de 0 à 14 ans est de 13,1 (source : Algeria DIAMOND 2006) [1]). L’augmentation de l’incidence du DT1 chez les moins de 15 ans est un fait, rapporté dans la plupart des registres partout dans le monde.

Facteurs déterminants et favorisant la prévalence du diabète

L’Algérie n’échappe pas à l’épidémie mondiale du diabète. Celle-ci répond pratiquement aux mêmes changements des conditions de vie constatées dans le monde.

Age et mode de vie

En effet, on note un vieillissement de la population, étayé parles chiffres del’ONS quimontrent une augmentation del’espé-rance de vie en Algérie, en moyenne de 75,7 ans, soit 74,6 ans et 76,7 ans, respectivement pour les hommes et pour les femmes. Les changements de mode de vie, l’importance de l’exode rural, la sédentarisation, le changement de mode alimentaire de plus en plus calorique, sont autant de facteurs favorisant l’augmenta-tion de la prévalence du diabète. En effet, en étudiant quelques paramètres de la population dans l’enquête TAHINA de l’INSP [2], nous avons noté (tableau II), un IMC moyen de la population étudiée de 26,27 kg/m², mais avec un IMC ≥ 25 kg/m²

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chez plus de la moitié des sujets (57,41 %) et une obésité chez près d’un quart des sujets (22 %), prédominante pour le sexe féminin. Les résultats de l’enquête « Step Wise » [8] vont dans le même sens, avec une prévalence globale de l’obésité de 14,3 % et celle de la surcharge pondérale de 35,3 % chez les hommes et de 48,5 % chez les femmes. Cette enquête fournit également une appréciation sur le pourcentage de sujets considérés comme ayant une activité physique, qui n’est que de 21,6 %. L’activité physique est plus fréquente chez les femmes (28,4 %) que chez les hommes (14,8 %) ; elle est plus importante en milieu rural (26,6 %) qu’en milieu urbain (14,6 %). Les hommes en milieu rural sont plus sédentaires (18,9 %) par rapport à ceux du milieu urbain (9,1 %). Les femmes du milieu ruralsont elles aussi plus sédentaires (34,4 %) par rapport à celles du milieu urbain (20,1 %) [8].

Qualité de la prise en charge

L’étude Diabcare Algérie réalisée en 2002 par les médecins généralistes, sur un effectif de 2 190 diabétiques (DT1 et DT2 confondus) à travers 22 wilayas du pays, s’est intéressée à l’évaluation de la prise en charge du diabète. Parmiles résultats, sur l’ensemble de l’effectif étudié, seuls 16 % des diabétiques traités par insuline avaient reçu une éducation appropriée, seuls 38 % connaissaient la conduite à tenir en cas d’hypoglycémie, 26 % effectuaient une autosurveillance glycémique et 53 % connaissaient les recommandations pour la prévention des lésions trophiques du pied. La prescription des examens complémentaires dansle cadre du bilan des complications était non seulement insuffisante, mais aussi d’une évidente disparité selon les régions.

Évolution de l’organisation des soins

L’amélioration des conditions de vie et l’accès aux soins doivent être pris en considération. Selon le ministère de la Santé, l’accès et la hiérarchisation des soins est de plus en plus accessible à la population algérienne. La nouvelle carte sanitaire permet d’individualiser quatre niveaux de prise en charge, en commençant parla salle de soins danslaquelle est affecté le médecin généraliste (niveau 1), suivie de la policlinique qui dispose, elle, d’une consultation spécialisée et d’un plateau technique (niveau 2). Le niveau 3 est représenté parles établissements publics hospitaliers (EPH) et le niveau 4 par les établissements hospitaliers universitaires (EHU) et les centres hospitalo-universi-taires (CHU), dont les missions de soins et de recherche sont plus importantes. La couverture médicale pour 2005-2006 est d’un médecin formé à la spécialité pour 3 200 habitants, et d’un médecin généraliste pour 2 000 habitants. Le diabète de l’enfant est pris en charge par les pédiatres ; quant au DT2, c’est l’apanage du médecin généraliste et du diabétolo-gue(endocrinologue etinterniste en majorité), renforcés par les généralistes dotés d’un Certificat (CES) de diabétologie. Un secteur privé complémentaire renforce le secteur public avec 75 cliniques d’hospi-talisation et 27 cliniques de jour. En dehors des structures sus citées, des maisons de diabétiques, ainsi que des hôpitaux de jour destinés exclusivement aux patients diabétiques, se sont développées dans nombre de wilayas, avec pour mission la prise en charge des patients diabétiques encadrée par des médecins spécialistes et généralistes. Elles sont également des lieux d’éducation, visant à remplir cette lacune mise en évidence dans nos enquêtes.

Actions entreprises et perspectives

À partir de ce constat, plusieurs axes se sont dégagés afin de garantir à tous les diabétiques la qualité des soins à travers une organisation des soins et, un diagnostic précoce par une politique de dépistage du DT2.

Comité National du Diabète

Grâce aux efforts du Comité national du diabète et aux différentes concertations avecles acteurs directs du diabète, notammentles médecinsimpliqués dansla prise en charge du diabète (CHU, services de médecineinterne et d’endocrinologie), une plateforme de travaila été proposée et discutée en collaboration avecles comités de wilaya du diabète (Directions de la santé et de la population). En 2004, un guide du diabète pour le médecin généraliste a été élaboré, dans le but d’harmoniser la prise en charge du diabète et d’assurer une mise à niveau des connaissances. Des évaluations de la prise en charge et de l’état des lieux du dépistage 2006 et dela Formation médicale continue (FMC) sont en cours d’élaboration.

Tableau II : Paramètres anthropométriques. Étude TAHINA INSP (enquête nationale de santé 2005) [2].

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Formation médicale continue

La FMC des médecins généralistes a été investie, avecle concours du ministère de la Santé, par l’organisation de sessions intensives de FMC pour les médecins généralistes, sur trois jours, assurées par des CHU au Centre, à l’Est et à l’Ouest algériens. Depuis 2004, un cours régional de FMC sur le diabète et les maladies métaboliques a également été mis en place dansl’Est du pays, en collaboration avec le service de prévention du ministère (34 heures de formation théorique et pratique). Chaque année, est assurée une formation d’une soixantaine de médecins généralistes, grâce à un encadrement des quatre CHU de l’Est algérien, et pour l’ensemble de 22 wilayas de l’Est et du Sud-Est algérien. Au total, plus de 200 médecins généralistes ont été formés en quatre années. L’engagement pour le dépistage du diabète de ces généralistes formés pour l’Est du pays (2006) a été jugé très satisfaisant et témoigne sans aucun doute d’une évolution dans les pratiques du médecin généraliste. L’aboutissement de cette FMC àl’échelle nationale estl’implication réelle et du plus grand nombre de médecins généralistes dans la prise en charge du DT2, mais aussi la création de réseaux de prise en charge du diabète. Ainsi, une ébauche de quatre réseaux a vu le jour ces trois dernières années au niveau national, dont un au centre(DAIBIR), un àl’Est(DIABEST)et un à l’Ouest algérien (réseau d’Arzew). Le développement de réseaux de prise en charge du diabète devient une nécessité, en vue d’une organisation et d’une optimisation de résultats des efforts consentis selon les objectifs assignés. Leur mise en place passe en premier lieu par une mise à niveau des connaissances, suivie d’un engagement des personnes affiliées aux réseaux pour l’applica-tion sur le terrain des recommandations de pratique. Ces recommandations concernent ainsi, l’examen clinique du diabétique, le bilan des complications, le suivi et l’autosurveillance glycémique. L’harmonisation des actes, et l’applica-tion d’un ordre précis selon le niveau de prise en charge avec à la base, le médecin généraliste, devraient permettre une meilleure efficience et une rentabilisation des moyens à tous les niveaux. Il existe évidemment des axes prioritaires sur lesquels chaque réseau doit envisager des propositions et solutions à court, moyen etlong termes. En se basant surla prévalence des diabètes méconnus, le dépistage est l’une des actions prioritaires entreprises. Les complications du « pied diabétique », aux retombées socio-éco-nomiques importantes - ainsi que sur la morbi-mortalité [10], constituent un autre axe prioritaire. La prévention primaire et secondaire des complications dégénératives est sujette à une stratégie adaptée aux moyens locaux, avec un minimum indispensable. Le plus important est de dégager un organigramme dans lequel chacun s’identifie avec des niveaux de responsabilité, en vue d’évaluations régulières.

Dépistage du diabète

À la suite de plusieurs campagnes de dépistage du diabète dans les populations à risque, une action nationale a été entreprise sous l’égide du ministère de la Santé, avec une coordination Est, Centre et Ouest algériens. Cette action s’est déroulée en 2006 et a abouti à la réalisation de plus de 400 000 dépistages. Les médecins généralistes en ont été les principaux acteurs. Les objectifs assignés à ce dépistage sont le diagnostic des diabètes méconnus, qui semblent représenter environ moitié ou plus des diabétiques, afin d’en assurer une prise en charge précoce, mais aussi le

Conclusion

Le diabète, par sa prévalence actuelle en Algérie et les projections faites, doit constituer l’un des axes prioritaires de santé publique pour notre pays. La prévention primaire, le diagnostic précoce grâce au dépistage chez les sujets à risque et l’amélioration des conditions de soins sontindispensables. De telles perspectives méritent la poursuite de la réflexion, une meilleure coordination des efforts, et donc un partenariat efficace entre les pouvoirs publics, les autorités sanitaires, les sociétés savan-tes,les organes parallèles-telle quela sécurité sociale (CNAS) -sans oublier le rôle de la société civile à travers les associations de patients diabétiques.

dépistage des états pré-diabétiques. Le second objectif est de faire en sorte que le dépistage du diabète devienne un acte simple et banal en pratique de routine, mais également, aussi ciblé sur les sujets à risque. Nous devrions avoir également des données assez précises sur la population à risque et les facteurs de risques cardiovasculaires associés au diabète (hypertension artérielle, dyslipidémie, obésité) et quelques autres paramètres clés du diabète. Dans la perspective d’une prévention du DT2, il faudrait envisager d’une part, la prise en charge des cas de pré-diabète dépistés, soutenue par une information sur les règles d’hygiène de vie, et d’autre part, une politique nutritionnelle nationale dès l’enfance afin de lutter contre le développement de l’obésité

Références

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[8] Rapport de l’approche Step Wise -OMS, Algérie. Mesure des facteurs de risque des maladies non transmissibles dans deux zones pilotes (Approche Step Wise), Algérie 2003. République Algérienne Démocratique et Populaire. Ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme Hospitalère. Direction de la Prévention, Alger 2004.

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